L'école, la discrimination et l'égalité des chances
Hier soir à l’université d’Avignon avait lieu une conférence organisée par l’AFEV et la Ligue de l’Enseignement sur le thème « L’école face aux discriminations : Egalité des chances ? Du politique à l’engagement citoyen ».
Un sujet ô combien important qui a mobilisé des enseignants, des étudiants, des citoyens mais aussi des responsables associatifs Avignonnais qui oeuvrent dans les quartiers populaires.
En effet, dans un amphithéâtre occupé par une cinquantaine de personnes environ, les organisateurs ont enregistré la présence de Mohamed Bensalah (association REPERES), de Martine Gras (Collectif contre les inégalités), Dalila Bouras, Jean-Luc Fauche (La maison alternative et solidaire), Kader Nasri (Association des entrepreneurs de la ZFU) et Abdel Zaïri (AJCREV).
Ces personnalités impliquées dans la vie de la cité ont écouté pendant plus d’une heure le diagnostic et les nombreuses propositions des conférenciers sur le sujet.
L’école de la république remplit-elle son rôle et permet-elle à ses enfants, quelles que soient leurs origines sociales et ethniques d’accéder aux savoirs et à l’émancipation ?
Le responsable régional de l’AFEV, David Dubernard (devant à gauche sur la photo) oeuvre au sein de son association pour sensibiliser les étudiants aux problématiques rencontrées par la jeunesse issue des quartiers en difficulté.
Pour lui, le constat est accablant : « Aujourd’hui en France 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme, 42% d’entre eux sont issus des quartiers populaires. Dans ces quartiers, 72% des -25 ans sont au chômage, la géthoïsation sociale est réelle. Il est donc urgent de construire des tranversalités éducatives car l’école ne peut pas régler tous les problèmes. J’ajoute que la suppression des 11 200 postes d’encadrants éducatifs paraît totalement incohérente au vu de ce constat.
Toujours dans le domaine du constat, Edgard Schnitzler (devant à droite sur la photo), formateur à l’IUFM aborde un sujet d’importance : « La réforme des universités a permis le rattachement de l’IUFM à l’université et les modalités d’entrée à l’IUFM ont changé. Cela va modifier les profils sociologiques des nouveaux enseignants. Il y a 30 ans, 90 à 95% des enseignants étaient issus de milieux modestes hors le nouveau système va exclure ces jeunes car seuls les BAC + 5 pourront postuler aux concours. Et l'on sait qu'il est difficile pour un jeune de milieu modeste de parvenir à ce niveau d'études. »
Au chapitre des propositions, la coordinatrice de la Ligue de l’Enseignement Marie Paule Lolo (devant au milieu sur la photo) propose de concevoir notre rapport à l’éducation et plus largement au monde dans une dimension émancipatrice en sortant de l’objectif absolu des processus diplômants.
Quant à Jean-Claude Mouton de l’IUFM, il considère qu’il ne faut pas attendre que les enfants soient en échec scolaire pour agir, il propose que notre système repère très tôt les profils d’élèves en difficulté en apportant rapidement un dispositif pédagogique adapté.
Après de nombreux échanges avec la salle, un pot de l’amitié a été offert par les responsables de l’AFEV où le débat s’est bien sûr prolongé.
Bravo et merci à Axelle et à Nabile (AFEV Avignon) pour cette sympathique soirée.
(article tiré du Blog des Avignonnais http://avignonblog.rmc.fr/306545/L-ecole-la-discrimination-et-l-egalite-des-chances/ )